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« Les pays bénéficiant d’un accroissement massif des ENR font preuve d’une résilience plus importante face à la crise énergétique »

Posté le 5 octobre 2023

Avoir assez d’énergie en France et qu’elle soit accessible pour les consommateurs, est-ce possible ? Selon Gil Najid, directeur d’Endesa France, la transition énergétique associant efficacité énergétique et déploiement rapide des énergies renouvelables (ENR) serait un excellent moyen de lutter contre les prix élevés de l’énergie et de diminuer nos dépendances. Ces solutions existent déjà et nous avons des exemples de déploiement rapide dans d’autres pays européens comme l’Espagne et au sein du groupe Enel.

Quels sont les enseignements que nous pouvons tirer de la crise énergétique actuelle ?

Depuis le double électrochoc de la hausse des prix de l’énergie et du risque avéré de rupture d’approvisionnement, nous avons découvert la fragilité de notre système : 

L’énergie n’est plus ni bon marché, ni disponible sans limite. C’est un changement de paradigme

Cette crise nous rappelle que nous dépendons encore beaucoup de l’énergie fossile. Le temps presse : pour gagner en souveraineté énergétique au meilleur coût, nous devons miser sur le développement des énergies renouvelables, en complément des mesures d’efficacité énergétique et de sobriété.

Est-ce faisable pour un pays comme la France de décarboner rapidement son économie ?

Les défis climatiques auxquels nous faisons face doivent nous exhorter à utiliser toutes les solutions technologiques à notre disposition pour accélérer notre sortie du fossile. Au-delà des économies d’énergie et de la sobriété, qui sont le point de départ de toute politique, l’électrification de nombreux usages doit s’accélérer et nous avons donc besoin de nouvelles capacités à très court terme.

En France, le débat est historiquement focalisé sur la prévalence du nucléaire, et parallèlement, les investissements dans les énergies renouvelables ont pris du retard. Or ces deux orientations ne doivent pas s’opposer mais se compléter au contraire. D’autant que le développement des énergies renouvelables est plus rapide, moins complexe et moins coûteux que celui d’une centrale nucléaire. En outre, avec ses façades maritimes, ses vents dominants et son taux d’ensoleillement,

La France bénéficie naturellement de très bonnes conditions climatiques pour développer les énergies renouvelables

Même si nous avons pris du retard, accélérer la décarbonation de notre économie est toujours possible. Prenons l’Espagne comme exemple : ces dix dernières années, le pays a augmenté de 25% à 45% la part de production d’ENR dans son mix électrique, diminuant d’autant la part du charbon sur cette période et prévoyant sa disparition totale à l’horizon 2027. Outre la réduction des émissions de CO2, le prix de l’énergie va maintenant devenir plus intéressant chez nos voisins espagnols.

Comment se traduit concrètement le déploiement des énergies renouvelables en euros pour le consommateur ?

Nous avons déjà pu le constater avec les prix de marché Futurs en Espagne : entre 2026 et 2030, les Calendar qui représentent le prix d’un bandeau de base d’électricité passent de moins de 70€/MWh à moins de 50€/MWh, en prévision de la poursuite du déploiement rapide et massif d’énergies renouvelables.

Sur la même période, le coût de production du parc nucléaire français a été réévalué en incluant l'EPR Flamanville, qui doit entrer en service au premier trimestre 2024. Le coût de l'électricité nucléaire pour le consommateur est maintenant estimé à 61€/MWh par la CRE et à 75€/MWh par EDF.

Le nucléaire historique pourrait ne plus être un facteur de compétitivité pour les consommateurs finaux, ce qui devrait encourager la France à accélérer l’investissement décentralisé dans les énergies renouvelables

Le développement des ENR en France impacte-t-il le marché de l'énergie européen ?

Forcément, nous devons penser davantage à la maille européenne. Les interconnexions entre pays doivent s’amplifier afin de faciliter la fourniture d’énergie « verte » d’un réseau national à un autre, la France pouvant jouer un rôle charnière de plateau d’échange. Le mix français combine l’hydraulique, le solaire, l’éolien et le biogaz.

En Europe, les complémentarités sont aussi importantes : au Nord, et tout au long de nos façades atlantiques, nous avons une énergie éolienne puissante ; au Sud, nous bénéficions d’un fort ensoleillement, notamment en Espagne.

En temps de crise c’est important d’avoir des modèles différents mais complémentaires dans l’économie européenne

Nous avons tendance à voir l’Union européenne comme une contrainte alors qu’elle agit en réalité comme un filet. Aujourd’hui, la résilience est devenue aussi importante que la robustesse. Appuyons-nous pour cela sur des solutions complémentaires et sa diversité de fournisseurs. Nous l’avons vu avec l’inversion des flux et les imports massifs d’électricité de la France durant l’hiver 2022-23.

Nous avons aussi vu qu’il était possible de déployer rapidement et économiquement du renouvelable sur le sol européen, pour sortir de la dépendance aux énergie fossiles. Le nouveau défi sera de sortir de manière rapide et efficace de la dépendance chinoise sur le matériel. Souveraineté énergétique et souveraineté industrielle doivent faire la paire. Regardons cette fois-ci l’exemple de 3Sun Gigafactory dans notre groupe Enel, une usine géante de panneaux solaires située en Sicile qui, dès 2024, aura une capacité de production de 3 GW de panneaux par an, ce qui équivaut à la puissance installée d’environ 6 centrales thermiques. Un vrai atout pour l’autonomie énergétique de l’Europe et sa réindustrialisation, construit en des temps records, et la preuve que nous pouvons et devons retrouver notre souveraineté énergétique.

La complémentarité se joue aussi chez Endesa ?

Nous avons la chance d’appartenir au groupe Enel, 1er producteur mondial privé d’ENR, ayant des solutions de décarbonation et d’électrification dans plus de 30 pays. Nous pouvons, effectivement, nous en inspirer et en tirer profit pour nos clients. En Espagne, nous bénéficions de l’expérience de nos collègues dans le développement de l’autoconsommation et des PPA (Power Purchase Agreements). L’Espagne reste, en effet, le plus grand marché des PPA, Endesa étant un des acteurs principaux.

De notre côté, en France, nous sommes investis dans la production en boucle courte de biométhane à partir de la décomposition de déchets organiques. Nous avons à date 33 partenariats avec des producteurs français de biométhane, une force que nous partageons naturellement avec nos collègues à l’international.

En plus de la production décentralisée des ENR, les équipes d’Endesa ont également une grande expertise en efficacité énergétique, avec une croissance notable en France. 

Avec l’efficacité énergétique et les renouvelables, le futur de l’énergie remet le client au centre pour consommer mieux, consommer au meilleur moment et produire

Des clients de toute taille, grandes comptes ou PME-PMI-TPE, deviennent ainsi consom’acteurs et contributeurs directs de la transition énergétique. Si le rôle du client d’énergie évolue, celui du fournisseur doit en faire autant : il ne peut pas se contenter de fournir de l’énergie au meilleur prix, il doit également travailler sur l’efficacité énergétique et sur l’autoconsommation de ses clients. C’est à mon avis le seul moyen de les aider à réduire massivement leurs factures énergétiques et gagner en souveraineté énergétique. 

Des solutions existent pour accompagner les entreprises vers le chemin de la décarbonation avec des actions rentables. En ce moment, par exemple, nous encourageons nos clients tertiaires à installer chez eux une GTB (Gestion Technique du Bâtiment), un système intelligent et interconnecté pour piloter, surveiller et optimiser ses consommations d’énergie en temps réel.

Un récent rapport de la CRE souligne que seuls 6 % des grands bâtiments tertiaires > 1000 m² ont des systèmes de pilotage énergétique, sous-utilisés. Leur pleine exploitation pourrait mobiliser jusqu'à 6 GW en pointe, offrant des économies d'énergie significatives et améliorant la flexibilité nécessaire dans un système intégrant plus d’énergies renouvelables.

La GTB est une solution simple et rapide à mettre en place, à faible coût et éligible aux Certificats d’Economies d’Energie (CEE), bénéficiant d’une aide supplémentaire jusqu’au 31 décembre 2023. Nous devons aider nos clients à bénéficier des opportunités comme celle-ci ! Et ce n’est qu’un exemple parmi autant d’autres.

On le voit, les solutions, complémentaires, existent pour réussir à décarboner rapidement nos économies ! Cette bonne nouvelle doit nous encourager à aller plus vite et plus loin encore.