Prix de l’électricité : pourquoi la France bat tous les records

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Prix de l’électricité : pourquoi la France bat tous les records

Posté le 13 septembre 2022

Championne de l’électricité nucléaire en Europe (70% de son mix électrique), la France enregistre pourtant les prix les plus élevés du continent. Derrière ce paradoxe se cachent les tensions sur les livraisons de gaz russe, des canicules à répétition ayant engendré une très forte demande, et les fragilités de notre parc nucléaire. Détails.

Ils s’envolent, ils s’affolent, ils flambent, ils explosent… Voici comment sont qualifiés aujourd’hui les prix de l’électricité sur le marché français par les experts. À leur décharge, il faut dire que l’augmentation est aussi inédite que spectaculaire : sur le marché de gros, le prix du MWh a été multiplié par treize en un an, passant de 85 à près de 1100€, voire 1300 € de prévision pour le premier trimestre 2023.

Si cette hausse est constatée dans le reste de l’Union européenne, portée par la demande en électricité (+3% depuis juillet), son ampleur est bien moindre. L’Allemagne voyait ainsi les coûts pour livraison début 2023 culminer à 840€/MWh.

À titre d’exemple, le 1er septembre dernier, sur le marché de l’électricité, le MWh coûtait 800 € en France, 617,77 en Belgique et 729,9 en Allemagne, contre 210 en Espagne et au Portugal (source : rte-France.com).

L’impact de la guerre en Ukraine

Pourquoi de tels écarts entre la France et les autres pays membres de l’Union européenne, sachant que la France possède le plus grand parc nucléaire et que cette électricité issue de l’atome lui garantissait jusque-là des prix bas ?

Plusieurs facteurs aggravants se sont conjugués depuis le début de l’année. Tout d’abord, l’invasion des troupes russes en Ukraine a déclenché plusieurs trains de sanctions des occidentaux à l’encontre du belligérant.

En réponse, celui-ci a décidé de rationner ses exportations de gaz vers l’Union européenne, notamment l’Allemagne. Gazprom a même cessé d’alimenter la France fin août. Ces incertitudes et le risque de pénurie ont provoqué une réaction d’anticipation sur le marché de gros de l’électricité et une hausse irrationnelle du prix du MWh. Car le gaz sert aussi à produire de l’électricité. Les prix de ces deux énergies sont donc liés.

L’impact de l’usure du parc nucléaire français

En France, le contexte actuel est particulièrement propice à des prix élevés de l’électricité.

D’une part, le parc nucléaire, ancien, montre des signes d’usure. EDF a ainsi annoncé la mise en maintenance de 17 réacteurs (retardée par la crise sanitaire) et des problèmes de corrosion sur 12 autres. Résultat, seuls 27 réacteurs sur 56 produisent actuellement de l’énergie, fournissant nettement moins d’électricité qu’habituellement.

En amont, le gouvernement avait décidé en juin 2020 d’arrêter la centrale de Fessenheim, privant l’Hexagone de ses 2 réacteurs. Egalement, la mise en service de l’EPR de Flamanville (50) a été une nouvelle fois reporté, à fin 2023.

L’impact du réchauffement climatique

Par ailleurs, le facteur météorologique a fortement joué cet été. Plusieurs vagues de chaleur ont traversé le pays, accroissant la demande d’énergie pour alimenter ventilateurs et climatisations. Autre effet pervers du réchauffement climatique, la sécheresse a empêché certaines centrales nucléaires de fonctionner à plein régime.

Corollaire de ce contexte spécifique, la France, habituellement exportatrice d’électricité, n’a pas d’autre choix que d’importer au prix fort l’électricité qui lui manque en se tournant vers l’Allemagne.

Réactions en chaîne pour les entreprises

Quelles pourraient être les conséquences de ces prix pour les entreprises ?

Outre la hausse de la facture énergétique, cela peut conduire à restreindre leur niveau de compétitivité, le coût de l’énergie se répercutant sur les coûts de production et le prix de vente.

Le gouvernement a par ailleurs évoqué, en dernier recours, d’éventuels délestages (coupures momentanées et planifiées via des contrats d’effacement) pour les industriels les plus énergivores.

D’ici-là, la sobriété énergétique, au cœur des préoccupations actuelles, va s’imposer. Pour aider les entreprises, le gouvernement a mis en place, début juillet, un plan de résilience auquel les plus impactées par la hausse du coût de l’électricité peuvent candidater, sous certaines conditions (achat d’énergie égal à au moins 3% du chiffre d’affaires 2021 ; avoir subi un doublement du prix sur la période éligible par rapport à une moyenne de prix sur 2021). Les 26 secteurs industriels les plus exposés à la concurrence internationale sont concernés (sidérurgie, chimie, pâte à papier, etc.).

Les équipes d’Endesa vous proposent des solutions concernant la contractualisation afin d'optimiser vos achats d'électricité et de gaz, mais également concernant la sobriété énergétique afin de réduire votre consommation d'énergie, en ligne avec les orientations données au niveau européen pour réussir la transition énergétique.