Pourquoi la France mise sur le solaire photovoltaïque ?
En France, l’énergie solaire photovoltaïque est promise à un bel avenir. Ses qualités intrinsèques d’énergie renouvelable en font un levier efficace de rééquilibrage du mix énergétique national. Et un atout majeur pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Décryptage.
En France, la stratégie nationale est axée sur les énergies renouvelables
Afin de lutter contre le changement climatique, dans la lignée de l’Accord de Paris, la France s’est dotée d’un cadre légal incitatif. En 2015, la loi de Transition énergétique pour la Croissance Verte, a instauré une stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Cette feuille de route oriente les politiques publiques de mise en œuvre de la transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable. Concrètement, elle ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050 (en divisant par 6 les émissions de GES par rapport à 1990) et de réduire l’empreinte carbone de la consommation des Français.
En 2017, une deuxième brique est posée : le Plan Climat dont l’objectif est de concrétiser l’Accord de Paris. Dispositif complété en 2019 par la loi Énergie et Climat qui entérine l’objectif de neutralité carbone.
Deux composantes structurent ces actions :
- L’atténuation, par la réduction des GES, pour limiter l’impact des activités humaines sur le climat et l’environnement ;
- L’adaptation aux effets du changement climatique, pour en limiter les impacts sur notre société et l’environnement.
Un impératif : diversifier notre mix énergétique
L’outil de mise en œuvre de cette stratégie est la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Son but : prioriser les actions de la politique énergétique française dans la prochaine décennie pour décarboner la production d’énergie. Concrètement, cela passe par une réduction de 50% de la consommation finale d’énergie, d’une part, et, d’autre part, la diversification du mix énergétique vers une énergie décarbonée favorisant les énergies renouvelables pour produire de la chaleur, de l’électricité ou des carburants.
Trois axes prioritaires sont définis :
- Développer les énergies renouvelables :
- Doubler les capacités existantes d’ici 2028 par rapport à 2017
- Augmenter de 40% à 60% la production de chaleur renouvelable dès 2028
- 9,7 milliards d’euros de subventions pour booster la filière biogaz (6 à 8% de la consommation de gaz en 2028)
- Soutenir les filières de l’éolien en mer et de l’hydrogène pour les développer
- Réduire la part du nucléaire à 50% du mix électrique d’ici 2035, en fermant 14 réacteurs
- Réduire l’usage des énergies fossiles en sortant du charbon (fermeture des 4 dernières centrales ; dans l’industrie ; pour le chauffage)
Fin 2021, le parc électrique d’énergies renouvelables français (hydroélectrique, éolien, solaire PV et bioénergies) atteignait une puissance totale d’environ 60 GW, en progression de 4 GW, couvrant 25% des besoins de la consommation nationale.
L’énergie solaire photovoltaïque : une énergie renouvelable en devenir
En France, on n’a pas de pétrole, mais on a du soleil. Et cet astre diurne produit de l’énergie renouvelable, propre et éternelle (ou presque). L’énergie solaire est donc promise à un bel avenir, d’autant que le territoire y est parfaitement adapté.
Avec une moyenne annuelle d’heures de soleil comprise entre 1400 en Bretagne et 2900 autour de la Méditerranée, la France figure parmi les pays européens les plus ensoleillés. Un gisement de production d’électricité décarbonée largement sous-exploité puisque l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) estime à 364 GW le potentiel des panneaux photovoltaïques à installer sur toiture. Au sol, un potentiel de 775 GW serait en attente selon le centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA).
Un fort potentiel à accompagner
Fin 2021, la production d’électricité solaire d’origine photovoltaïque était de 14,3 TWh, en hausse de 12,6% sur un an, mais ne couvrant que 3% des besoins en électricité du pays. La puissance du parc solaire s’élevait quant à elle à environ 13 GW (source : RTE), en hausse de 25,9% (+2687 MW raccordés).
Une répartition régionale inégale :
Sans surprise, le parc solaire est plus important dans la partie sud du pays :
- 3264 MW en Nouvelle-Aquitaine
- 2623 MW en Occitanie
- 1653 MW en PACA
- 343 MW en Hauts-de-France
- 314 MW en Bretagne
- 242 MW en Normandie
Fin 2021, le volume des installations en développement s’élève à 11 GW.
En termes de production d’électricité, le podium est le même :
- 3830 GWh en Nouvelle-Aquitaine
- 3023 GWh en Occitanie
- 2137 GWh en PACA
- 287 GWh en Bretagne
- 267 GWh en hauts-de-France
- 220 GWh en Normandie
Inépuisable et ne rejetant pas de CO2, l’énergie solaire photovoltaïque est une énergie renouvelable qui ne contribue pas au réchauffement climatique. Mieux, elle est l’un des leviers les plus efficaces pour modifier le mix électrique de la France. Le photovoltaïque va donc connaître une croissance soutenue dans les prochaines années, stimulée par les pouvoirs publics.
Afin d’accélérer le développement de cette filière, la PPE a d’ailleurs fixé des objectifs forts qui prévoient d’en accroître la puissance à 20,1 GW en 2023 et entre 35,1 et 44 GW en 2028.